3 octobre 2006-Proposition de loi de M. Yves Jego relative à la pérennisation de la filière de récupération des textiles usagés

Ce texte à pour objectif de sauver la filière de récupération des textiles (largement représentée par le mouvement emmaüs) par la mise en place d'une contribution environnementale versée par les fabricants, distributeurs et importateurs pour certaines catégories de textiles à un éco-organisme qui conventionnerait avec les opérateurs et les collectivités pour répartir un soutien financier.



EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le secteur de la récupération des textiles est confronté depuis plusieurs années à une crise inhérente à la baisse de qualité des textiles captés dans les collectes sélectives.

La part réemployable des produits captés diminue considérablement. Elle ne représente plus en moyenne que 40 % des produits collectés. En revanche, les parts respectives des textiles recyclés (effilochage ou essuyage) et des textiles incinérés ou enfouis progressent. Ces opérations coûtent aux opérateurs de tri, qu’il s’agisse de structures de l’économie sociale et solidaire ou d’entreprises du secteur marchand. Cette évolution pèse lourdement et défavorablement sur l’équilibre économique de la filière.

L’objet de la présente proposition de loi vise à pérenniser la filière de récupération des textiles sur le long terme et à poursuivre d’ambitieux objectifs de développement des volumes collectés et valorisés.

Elle s’inspire très directement du contenu du rapport élaboré par le groupe de travail associant l’ensemble des acteurs représentatifs de la filière, installé en mars 2006 à la demande du Ministre délégué au Budget et à la réforme de l’État.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Après l’article L. 541-10-2 du code de l’environnement, il est inséré un article L. 541-10-3 ainsi rédigé :

« Art. L. 541-10-3. – À compter du 1er janvier 2007, toutes les personnes physiques ou morales qui mettent sur le marché national à titre professionnel des produits textiles d’habillement, des chaussures ou du linge de maison neufs destinés aux ménages sont tenues de contribuer ou de pourvoir au recyclage et au traitement des déchets issus de ces produits.

« Les personnes visées à l’alinéa précédent accomplissent cette obligation :

« – soit en contribuant financièrement à un organisme agréé par arrêté des ministres chargés de l’écologie et de l’industrie qui passe convention avec les opérateurs de tri et les collectivités territoriales ou leurs groupements en charge de l’élimination des déchets et leur verse un soutien financier pour les opérations qu’ils assurent, de recyclage et de traitement des déchets visés au premier alinéa ;

« – soit en mettant en place, dans le respect d’un cahier des charges, un système individuel de recyclage et de traitement des déchets visés au premier alinéa approuvé par arrêtés des ministres chargés de l’écologie et de l’industrie.

« Les modalités d’application du présent article, notamment le mode de calcul de la contribution, les conditions dans lesquelles sont favorisées l’insertion des personnes rencontrant des difficultés au regard de l’emploi ainsi que les sanctions en cas de non respect de l’obligation visée au premier alinéa, sont fixées par décret en Conseil d’État ».

Jeudi 14 Décembre 2006

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