ECONOMIE
"Il nous faut sortir du malthusianisme, nous devons favoriser la protection de notre richesse patrimoniale, environnementale, humaine et culturelle mais en même temps nous ouvrir dans le cadre des règles du marché à une économie de développement."
Pour Camille de Rocca Serra, la Corse doit s'inscrire irrémédiablement dans une stratégie de développement économique.
Nous devons jeter les bases d'un plan de développement de l'économie insulaire
La bonne volonté trouve le moyen et l'opportunité. En Corse, la bonne volonté ne fait pas défaut. Nombre d'entre nous ne peut, ne veut, accepter une situation que nous désirons meilleure, et qui peut l'être. Il nous faut donc puiser dans nos ressources pour aller de l'avant. D'abord en comprenant pourquoi notre économie ne se développe pas suffisament, ensuite en concentrant nos moyens et en rassemblant les forces vives de l'île autour d'un objectif précis.
Nous ne connaissons que trop bien les difficultés auxquelles doivent faire face nos entreprises : un développement freiné par le cloisonnement et l'exiguïté du marché, par l'insuffisance des infrastructures et l'absence d'industrialisation, par le décalage par rapport aux grands axes d'échange et l'absence de grands pôles d'activités économiques dans l'environnement proche, un coût des transports qui affecte la compétitivité prix de nos marchandises, la précarité de l'approvisionnement qui nécessite l'entretien de stocks de sécurité honéreux, une offre marchande qui est anormalement faible et dépend de manière prépondérante des activités liées au tourisme et qui par conséquent cyclique...
Partant de ce constat, il nous faut promouvoir les conditions d’une économie pérenne pour l’ensemble des secteurs. Aucun modèle économique viable ne peut s’appuyer sur la seule commande publique. Notre action doit être mise au service de la relance de l’investissement, de l’activité et de la consommation. Cela passe nécessairement par le rétablissement de la confiance et donc de la paix, facteur indispensable pour installer durablement la Corse dans le développement. C’est en se concentrant sur des objectifs précis en rassemblant les forces vives dans une démarche participative que nous y arriverons. Plus que les idées, ce qui est essentiel à notre devenir, c’est bien l’action.
La Corse en chiffres - édition INSEE 2005
Les tableaux de l'économie corse - édition INSEE 2005
Définition du malthusianisme sur wikipedia
1- Favoriser le développement d'une culture entrepreneuriale
En matière économique, l’ADEC, pilier de notre politique a déjà beaucoup fait. Je souhaite toutefois que nous allions au bout de la logique consistant à favoriser l’émergence d’une culture entrepreneuriale. La création d’une cellule d’ingénierie économique, autour de l’ADEC serait une réelle opportunité. Ce groupe associant les services de l’Etat, la Caisse des Dépôts et Consignations, les banques, les organismes consulaires et professionnels pourrait conduire des audits et se doter d’outils de mesures et d’évaluation spécifiques à la Corse. Cela permettrait de suivre la situation économique de l’île en temps réel, pour en dégager des propositions pertinentes, rapides et efficaces. Mais, il faut être clair, c’est dans une optique de simplification administrative que cette cellule pourrait aider les entreprises, avec pour objectif l’accompagnement des projets sur le plan technique.
Le guide de l'action économique de l'ADEC
Visiter le site internet de l'ADEC
2- Soutenir les entreprises pour conquérir les marchés
Les pouvoirs publics doivent susciter des ententes permettant aux PME insulaires de trouver et de gagner de nouvelles parts de marché, y compris à l'export. Ceci passe incontestablement par une sécurisation de nos transports. En ma qualité de rapporteur du commerce extérieur à l’Assemblée nationale, je suis convaincu qu’il faut initier en Corse une véritable politique d’incitation à l’exportation. Cela peut se faire par le biais d’actions transfrontalières, par exemple en obtenant un label européen spécifique aux îles pour certaines gammes de produits. Cela devra se faire en partenariat avec d’autres structures, notamment avec l’Agence Française des Investissements Internationaux (AFII) avec laquelle la Collectivité Territoriale de Corse a signé dernièrement une convention, mais également le réseau UBIFRANCE fortement implanté à Marseille, dont la mission plus spécifique est d’aider les entreprises les PME et TPE à identifier les opportunités de développement international. D’autre part, la Corse dispose de potentialités qu’il convient de valoriser. Elle doit pour cela conforter son image auprès des investisseurs éventuels. Notre économie ne peut pas être qu’endogène et une partie de notre travail consiste également à faire du lobbying.
Le site internet d'UBIFRANCE
Le site internet de l'agence française pour les investissements internationaux
3- Trouver les moyens du financement de l'économie
Un des problèmes essentiel de la Corse reste le financement de l’économie et l’absence d’outils adaptés à l’investissement. Aussi bien, la mobilisation notamment de notre propre épargne est à encourager. Elle s’élève à près de 7 milliards d’euros et, est essentiellement investie dans des placements de type « bas de laine »: codevi, livret d’épargne… J’ai déposé en ce sens un amendement à la dernière Loi de Finances visant à instituer un fonds d’investissement de proximité spécifique à la Corse qui permettrait une réduction d’impôt sur le revenu et donc une garantie de l’investissement pour l’épargnant. Cette proposition qui vise à établir un cercle économique vertueux, est actuellement analysée par le gouvernement. De plus, nos entreprises ont besoin d’une implication plus forte des partenaires financiers. Nous devons travailler à l’élargissement du secteur bancaire à d’autres opérateurs comme le groupe OSEO-Banque de développement des PME, plus en adéquation avec notre tissu économique.
D'autre part, nous devons nous pencher sur la mise en oeuvre d'un programme d'appui à la transmission d'entreprises en s'appuyant sur le renforcement de l'apport en fonds propres (création d'un compte épargne transmission, d'un fonds régional spécifique de garantie), en favorisant l'aide à l'évaluation des entreprises et du projet des repreneurs et en s'applicant à créer des aides spécifiques à la formation, à la reprise et à l'investissement.
La proposition de Camille de Rocca Serra sur la création d'un fonds d'investissements spécifique à la Corse
Le site internet du groupe OSEO-Banque
4- S'appuyer sur le tourisme comme vecteur de développement
Le tourisme est un secteur essentiel de l'activité, il faut le développer et le maîtriser. Il convient de trouver un équilibre entre développement économique et protection et gestion de notre richesse patrimoniale, en utilisant la plus value environnementale qui est la notre pour générer de la valeur ajoutée dans des domaines économiques compatibles avec nos atouts. L'industrie touristique peut servir d'effet de levier pour favoriser en Corse le développement d'autres filières et l'élargissement du marché intérieur. Nous sommes condamnés à faire de la qualité, cette qualité va de pair avec la haute valeur ajoutée de notre cadre de vie et des potentialités de notre production. Il nous faut établir un développement dans toutes les activités y compris dans le tourisme pour nous permettre de sortir de la précarité, en créant notamment un fort potentiel d'emplois permanents. Il s'agit d'aller au-delà de la saisonnalité. Le développement de ce tourisme à forte valeur ajoutée bénéficiera d'un positionnement sur un marché ouvert grâce à sa forte identité, sa richesse culturelle et patrimoniale dans le respect de la préservation de l'environnement. Il y a aujourd'hui la réalité d'un marché touristique dans lequel la Corse peut s'insérer dans le respect de son environnement. Sans remettre en cause les fondements de la loi littoral, une respiration est nécessaire pour permettre la création d'une hôtellerie qui offrirait des emplois toute l'année. On peut bâtir grâce au tourisme une économie saine, et je suis l'un des mieux placés pour le dire car je n'ai de cesse parallèlement de défendre une agriculture de qualité. La création d'une hôtellerie de type quatre étoiles est nécessaire pour allonger la saison.
Sous prétexte que l'on risque de ne pas trouver un point d'équilibre entre développement et préservation, doit-on se condamner à ne rien faire ? Ce serait aller contre les nouvelles générations qui doivent avoir la possibilité, de bâtir leur avenir en faisant la synthèse entre notre histoire, notre culture, notre environnement, et les réalités du monde d'aujourd'hui."
Le site internet de l'agence du tourisme de la Corse
Sur ce site, informations de l'observatoire du tourisme, études et bilans, centre de documentation...
La revue de presse de Camille de Rocca Serra sur ce thème :
Corsica - n° du mois de mai 2006
Corse Matin - 19 avril 2006 - Camille de Rocca Serra précise sa vision du développement de la Corse
Journal de la Corse 14 avril 2006 - Camille de Rocca Serra ouvre le débat
Journal de la Corse 14 avril 2006 - Tourisme : destination à but lucratif
La Corse Votre Hebdo 7 avril 2006 - La sardaigne déploie ses ailes
Corse Matin - 3 avril 2006 - Le refus de l'immobilisme de Camille de Rocca Serra
Le Monde du 2 avril 2006 - Camille de Rocca Serra veut désanctuariser la Corse
5- Favoriser la recherche et l’innovation
La Corse ce n’est pas seulement de belles plages et un environnement protégé, c’est aussi un capital humain et de la matière grise. Le pôle de compétitivité auquel nous participons n’est qu’un début. Il nous faut aller plus loin et mettre les moyens humains et financiers nécessaires pour que notre région soit à la pointe en matière d’innovation en insistant sur des secteurs essentiels comme l’environnement.
Aussi, dans le domaine de la recherche, l’attractivité de la Corse doit être confortée à plusieurs niveaux. Nous pouvons demander à l’Etat de favoriser l’installation de structures de recherche dans certains domaines, tels que le milieu marin, les énergies renouvelables, les plantes aromatiques et médicinales, les biotechnologies et d’autres filières où l’île peut offrir des atouts incontestables.
Par ailleurs, nous pouvons agir localement, la mise en place d’une allocation permettant de rémunérer des chercheurs souhaitant travailler dans des domaines prédéfinis par la CTC en serait une illustration.
Le site internet du pôle énergies renouvelables de Corse
Les échos, juillet 2005, article sur le pôle énergies renouvelables
Les énergies renouvelables sur le site de l'ADEC
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